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Le Soleil

Arts et Vie, mercredi 2 juin 2004, p. B3

 

 

 

La saltimbanque
Marie-Joe Thério est toujours dans ses valises

PC

Montréal - Marie-Jo Thério est présentement à Paris où elle s'apprête à enregistrer un disque destiné aux Français. Elle vit dans une roulotte aux abords de la ville telle une saltimbanque qui pose à peine ses valises.

Heureusement, il lui arrive d'être de passage au Nouveau-Brunswick ou au Québec. Lors de son dernier séjour à Montréal, le pigeon voyageur a pris le temps de s'arrêter en plein vol pour donner de ses nouvelles.

Récemment, Marie-Jo Thério devait tourner un vidéoclip à Montréal et cela ne s'est pas fait. Tous les éléments n'étaient pas en place. Mais ce n'était pas l'unique raison de la courte visite au Québec de "l'oiseau de paradis".

"Je suis revenue parce que ça faisait quand même quatre mois que j'étais en France", entame-t-elle de sa voix de miel. "Là-bas, depuis le mois de septembre, ça a été une année assez chouette ! À part le fait que j'ai passé un peu de temps à Paris à me ressourcer parce que j'en avais l'envie et le besoin : je commençais à me trouver un peu ennuyante. J'en ai profité pour voyager. Je suis même allée chanter en Afrique de l'Ouest !"

C'était en mars. Marie-Jo a participé à titre de chanteuse invitée à des spectacles-échanges pour célébrer la Francophonie.

"J'arrivais au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal et, chaque fois, j'étais jumelée avec un artiste de l'endroit. Il me faisait découvrir un peu de son public et de son coin de pays. Cela a été un truc incroyable ! Comme là-bas, il y a vraiment une base "improvisatoire" omniprésente, je jubilais !"

Elle y a rencontré le meilleur joueur de kora d'Afrique de l'Ouest. Et celui-ci participera sans doute à son album français. Elle y a aussi connu une chanteuse du Sénégal qui lui a demandé de coucher sa voix sur son disque. Après cette escapade riche de rencontres, Marie-Jo est allée passer un peu de temps au Maroc avant de retourner à Paris.

"Je suis revenue avec des histoires de compagnies de disques qui devaient prendre le temps de se consolider, entre la France et le Canada. Cela vient de se faire alors je vais pouvoir enregistrer un album là-bas et revenir au Canada au mois de juin pour continuer le projet que j'ai vraiment envie de concrétiser : l'album sur ma vieille tante."

Marie-Jo Thério prépare un disque destiné au marché français sur lequel il y aura beaucoup de chansons en spectacle et certaines de La Maline. On y retrouvera la très belle et touchante Évangéline. Et la jeune femme aux multiples talents et aux mille projets en élabore un autre pour ici : il va s'appeler Chasing Lydie Lola Bye et sera inspiré d'une tante qui vivait dans les années 1920 et 1930 au Massachussetts et qui était une chanteuse de cowboys songs.

Seulement de passage

En attendant, elle vit en France mais, comme partout, elle n'y est que de passage. "Je ne suis pas déménagée en France. Je suis seulement ma nature qui a envie de se ressourcer. Je suis aussi mon coeur. Je suis une femme amoureuse, en ce moment !", lance-t-elle, le bonheur dans la voix.

Mais sur ses amours, elle refuse d'en dire plus. C'est son jardin secret. Sur ses amis, cependant, c'est autre chose ! Ils lui manquent et elle n'hésite pas à le crier sur tous les toits.

"Je m'ennuie beaucoup de Bernard Falaise et des copains. C'est normal quand on forme une équipe aussi privilégiée !" Elle a fait quelques rencontres dans la Ville lumière. Bien que ça ne soit pas la même chose.

"C'est sûr qu'on ne rencontre pas, du jour au lendemain, n'importe qui. Mais, j'ai quand même rencontré, depuis que je suis ici, trois ou quatre musiciens. Il y a une petite famille qui se forme tranquillement."

Et elle a, de toutes façons, beaucoup d'amis français de l'époque où elle a fait les premières parties de Georges Moustaki, en 1997. Assez pour ne pas trop s'ennuyer, en tout cas ! Mais ce n'est pas suffisant pour s'installer.

"Je suis un drôle d'oiseau. J'ai toujours eu l'impression que je ne savais pas très bien où j'étais en escale dans la vie. Ça n'a jamais été très clair pour moi. Quand je reviens de l'Acadie, j'ai l'impression de faire escale au Québec. Et quand je vais en France, j'ai toujours l'impression de faire un peu escale et à la fois de retrouver quelque chose. Mais ça, c'est pas compliqué dans ma tête !".

L'artiste de Moncton devra traverser l'Atlantique de nouveau cet été ayant été retenue pour les festivités du Congrès mondial acadien qui auront lieu dans plusieurs régions de la Nouvelle-Écosse. Le clou des célébrations sera le spectacle du 400e anniversaire de l'Acadie sur la colline de la Citadelle d'Halifax.

 

 

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